Que répondre à « pourquoi vous et pas un autre »? Autrement dit comment convaincre sans bafouiller? Quand cette question tombe, on a souvent l’impression d’être pris de court. Comme si quelqu’un braquait soudain un projecteur sur nous — et hop, plus un mot ne sort. Pourtant, ce n’est qu’une question simple qui condense tout : votre valeur, votre positionnement, votre capacité à vous vendre sans en faire trop. Dans le cadre d’un entretien, d’une candidature ou même d’une collaboration, cette question revient comme un refrain. Et elle peut faire la différence.
1 — Comprendre ce que l’on vous demande vraiment
(et éviter de répondre à côté)
Attention, à première vue, on pourrait croire qu’on vous demande de vous comparer aux autres. Mais ce n’est pas le cas. En l’occurrence, ce que le recruteur cherche, c’est votre capacité à formuler une proposition claire : ce que vous apportez, comment vous travaillez, et pourquoi votre profil colle au besoin.
Quelques repères utiles :
— Dans les faits, cette question teste votre lucidité. — En pratique, elle vérifie votre capacité à synthétiser. — En théorie, elle évalue votre confiance en vous (sans arrogance).
Comment répondre ?
- Reformulez mentalement la question comme : « Qu’est-ce que je garantis ? »
- Parlez de vous, pas des autres.
- Restez sur le plan professionnel, au sens strict.
- Donnez un exemple concret (même court) pour ancrer vos propos.
Exemple concret
« Ce poste demande quelqu’un capable de structurer rapidement des priorités. C’est un point sur lequel je suis très à l’aise : dans mon dernier projet, j’ai repris un dossier en retard de trois semaines et je l’ai remis à flot en cinq jours — grâce à une méthode simple et partagée avec l’équipe. »
Transition naturelle : maintenant que le cadre est posé, voyons comment construire une réponse qui marque les esprits.
2 — Identifier votre “angle fort” (formulez-le sans tourner autour du pot)
De prime abord, on pourrait lister toutes ses qualités. Mauvaise idée. Ce qu’il faut, c’est un angle, un fil conducteur. Un seul. Celui qui fait sens par rapport à la mission.
À cet égard, pensez en termes de :
— compétence clé, — résultat mesurable, — manière de travailler, — ou combinaison rare.
Comment trouver cet angle ?
- Analysez l’offre : qu’est-ce qui revient plusieurs fois ?
- Repérez ce que vous faites naturellement mieux que la moyenne.
- Choisissez un élément que vous pouvez illustrer par un exemple.
- Vérifiez que cet angle répond à un besoin réel, pas à un détail.
Exemple concret
« Par rapport à ce que vous recherchez, mon point fort, c’est ma capacité à clarifier des situations complexes. Je transforme rapidement un chaos en plan d’action. »
Petit rappel utile À condition que votre angle soit cohérent, vous n’avez pas besoin d’être “le meilleur du monde”. Tant que vous êtes clair, ça fonctionne.
3 — Articuler votre réponse en 3 phrases
(la méthode qui évite de se perdre)
En pratique, la meilleure réponse tient en trois temps — comme une mini‑histoire.
Phrase 1 — Votre angle
« Mon point fort, c’est… »
Phrase 2 — La preuve
« Par exemple, dans mon dernier poste… »
Phrase 3 — Le lien avec le poste
« C’est exactement ce que demande votre mission, notamment sur… »
Cette structure fonctionne dans la mesure où elle rassure : — vous savez ce que vous faites, — vous savez l’expliquer, — vous savez pourquoi c’est utile ici.
Exemple complet
« Mon point fort, c’est ma capacité à structurer rapidement un projet. Par exemple, lors de ma dernière mission, j’ai repris un dossier en retard et j’ai mis en place un plan clair qui a permis de livrer dans les temps. C’est un fonctionnement qui correspond parfaitement à votre besoin de fiabilité sur les projets transverses. »
4 — Éviter les erreurs qui plombent une bonne réponse
(et qui font perdre des points bêtement)
Certaines réponses semblent logiques… mais elles font flop. Comme si vous aviez mis beaucoup d’efforts, mais dans la mauvaise direction.
Erreur 1 — Dire « Parce que je suis motivé »
Motivation : tout le monde le dit. Faute de preuve, ça ne vaut rien.
Erreur 2 — Se comparer aux autres
« Je suis meilleur que… » → maladroit, inutile, contre-productif.
Erreur 3 — Réciter une liste de qualités
On n’est pas dans un inventaire. À moins que vous ne vouliez endormir votre interlocuteur.
Erreur 4 — Répondre trop long
Tant que votre réponse dépasse 40 secondes, vous perdez en impact.
Erreur 5 — Répondre trop vague
« Je suis polyvalent » → oui, mais encore ?
Comment éviter ces pièges ?
- Restez sur un seul angle.
- Donnez un exemple court.
- Faites le lien avec le poste.
- Parlez de faits, pas d’intentions.
Quoi qu’il en soit, mieux vaut une réponse simple et nette qu’un discours trop ambitieux.
5 — Adapter votre réponse selon le contexte
(car la même phrase ne fonctionne pas partout)
En parallèle, il faut ajuster votre réponse selon la situation. À l’instar de la cuisine, on ne sert pas le même plat à tout le monde.
Cas 1 — Entretien d’embauche
Mettez en avant : — une compétence clé, — un résultat concret, — un mode de fonctionnement.
Cas 2 — Candidature spontanée
Mettez en avant : — votre capacité à créer de la valeur, — un problème que vous savez résoudre, — un bénéfice clair pour l’entreprise.
Cas 3 — Freelance / prestation
Mettez en avant : — votre méthode, — votre fiabilité, — votre capacité à livrer.
Cas 4 — Promotion interne
Mettez en avant : — votre connaissance du terrain, — votre progression au fil du temps, — votre impact mesurable.
Exemple freelance « Je suis la bonne personne parce que je travaille en cycles courts : vous voyez des résultats dès la première semaine, ce qui limite les risques et vous permet d’ajuster rapidement. »
6 — Gérer les limites, les nuances et les objections
(parce qu’un recruteur peut pousser un peu)
Il arrive qu’on vous relance. Comme si votre première réponse ne suffisait pas. Pas de panique.
Si on vous demande : « Oui mais concrètement ? »
Ajoutez un exemple supplémentaire — pourvu que ce soit court.
Si on vous dit : « Vous n’avez pas l’expérience exacte »
Répondez avec nuance : « C’est vrai, mais j’ai déjà travaillé dans un contexte similaire. Et malgré tout, j’ai obtenu… »
Si on vous dit : « Vous n’êtes pas le seul bon candidat »
Répondez avec calme : « Bien sûr. Ce que je peux garantir, en revanche, c’est… »
Si on vous dit : « Vous êtes jeune / senior / atypique »
Utilisez une phrase figée utile : « À tort ou à raison, on pense souvent que… Pourtant, dans mon cas… »
Objectif Montrer que vous êtes solide, sans vous justifier excessivement.
7 — Quelques formulations prêtes à l’emploi
(à personnaliser, mais déjà efficaces)
— « Je suis la bonne personne parce que je transforme rapidement un besoin flou en plan d’action clair. »
— « Je suis fiable : quand je prends un engagement, je le tiens — au grand dam de ceux qui aiment improviser. »
— « Je suis orienté résultats : je mesure, j’ajuste, j’avance. »
— « Je suis autonome, mais je communique suffisamment pour éviter les surprises. »
— « Je simplifie les choses complexes, ce qui fait gagner du temps à tout le monde. »
8 — Synthèse rapide
(pour faire court)
Au bout du compte, répondre à « Pourquoi vous et pas un autre » revient à :
- choisir un angle fort,
- donner une preuve,
- faire le lien avec le poste,
- éviter les comparaisons inutiles,
- rester simple, clair et concret.
Tout compte fait, ce n’est pas une question piège. C’est une opportunité.
Conclusion
En fin de compte, cette question n’est pas là pour vous mettre en difficulté. Elle sert à vérifier si vous savez vous positionner. À l’issue de votre réponse, l’interlocuteur doit se dire : « OK, cette personne sait ce qu’elle apporte. » À terme, ce qui fait la différence, ce n’est pas d’être “meilleur que les autres”, mais d’être clair, cohérent et crédible. Dès lors, vous pouvez répondre avec assurance — et même avec un léger sourire complice.
